8 réflexions au sujet de « Sylves »

  1. Eh quoi ! tout est sensible.
    PYTHAGORE

    Homme ! libre penseur ! te crois-tu seul pensant
    Dans ce monde où la vie éclate en toute chose ?
    Des forces que tu tiens ta liberté dispose,
    Mais de tous tes conseils l’univers est absent.

    Respecte dans la bête un esprit agissant ;
    Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;
    Un mystère d’amour dans le métal repose ;
    « Tout est sensible ! » Et tout sur ton être est puissant.

    Crains, dans le mur aveugle, un regard qui t’épie :
    À la matière même un verbe est attaché…
    Ne la fais pas servir à quelque usage impie !

    Souvent dans l’être obscur habite un Dieu caché ;
    Et, comme un œil naissant couvert par ses paupières,
    Un pur esprit s’accroît sous l’écorce des pierres !

    Gérard de Nerval, Vers dorés.

  2. Le Gant de crin

    Pierre Reverdy, dans Le Gant de crin, en a théorisé la production : « L’image est une création pure de l’esprit (…). Plus les rapports des deux réalités rapprochées sont lointains et justes, plus l’image sera forte, plus elle aura de puissance émotive et de réalité poétique »

    1. Bonjour,

      connaissez-vous le dicton de la Saint Gérard ? Le voici : « Gelée d’octobre rend le vigneron sobre. » D’origine germanique, le prénom du poète est dérivé de Gerhard qui est composé des mots gar (lance) et hard (fort). C’est à la demande d’Arnoul Ier de Flandre, dit le Vieux, que saint G. le bénédictin, alors Gérard de Brogne, réforma de nombreuses abbayes.

      Il faut connaître qu’avant de prendre l’habit, ce sieur qui devint moine, ainsi que prêtre avant de recevoir le titre d’abbé, fut militaire de carrière ; et l’on songera un temps à l’anachorète himalayen et aux austérités terribles que Milarepa s’infligea en une grotte proche du glacier Lapchi à l’ouest du Tibet, afin d’atteindre, ainsi qu’un Diogène le cynique asiatique, à l’éveil ; sauf que Gérard n’était pas poète et pas plus philosophe. Il en est de la métempsychose ainsi que de l’initiation à la physique solaire : ici le dernier savant réincarne un savoir – ou non.

      Gérard de Nerval était-il un mystique ?

      Meilleurs sentiments,

      Renée

       

  3. Tapi, un lapin

    À Lalevade, en plus de la rivière, il y a deux ruisseaux. Composé de tubes criblés, de parenchyme et parfois de fibres, avec son objectif un photographe dans la nature est-il un tissu conducteur de la sève élaborée dans les diverses parties d’une plante vasculaire (racine, tige, feuille) ?
    L’à-plat que fait le cadrage, on le voit, rend quasiment abstrait ce sitariste aqueux. Niché dans son milieu aérien, l’œil de la nuit, métaphore aujourd’hui fort connue pour désigner la Lune, est un des tous premiers lithographes qui parfois pèchent par un excès de xylolâtrie, et les poumons, ces feuilles dont le recueil permet l’encrage gras du temps, lui sont de fameux conducteurs. Il serait intéressant de spécifier ce rocher cerné par l’eau, ainsi que la saison. (Fixé par la photographie, l’air que l’Ardèche a joué est ici quintessentiel.)

    Par quoi la matière élémentaire est-elle travaillée ?
    La paréidolie est l’une des approches de l’art, qui fut probablement au seuil de la pensée d’association d’idées, ainsi que de l’animisme : idolâtrie d’objets, à investir d’une vitalité impérieuse intrinsèque, un bois serait bon second producteur. (Bras cassé de la littérature aux révolutions plâtrées1, le travail du bois n’est qu’une mauvaise habitude et le rêve de l’eau un parti pris.) Au niveau du socle (ici la roche), ensuite avec la vie, au risque d’invalider la remontée du temps (et de l’énergie contenue dans l’universel désir), un fluide est-il toujours – à l’instar du nuage en tant que réservoir de rêve et de pluie – générateur formel ? Remontée dans le liber au moyen d’un Canon Powershot « G 12 / 7 MO », avec Hors du Temps 1 c’est un animal fabuleux pour le moins que l’artiste a su capter !

    1. la « sortie » du champ littéraire de Marcel.

  4. Le bassin houiller de Lalevade d’Ardèche est intéressant à plus d’un titre. Tapi au fond du Bassin d’Aubenas, l’archétype est-il un léporidé dans une peau de granite ?
    Alors, qui est ce photographe à découvrir…

     

    1. Jean-Louis d’Abrigeon

      Travail hybridant le regard d’un objectif photographique à l’art délicat du haïku, cliquer ici pour ouvrir la page d’accueil du site Web de Jean-Louis d’Abrigeon et accéder à d’autres documents.

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